Cet article a été publié en novembre 2016. La façon dont Google évalue un site a beaucoup changé depuis, mais le principe qu’il décrit tient encore, et c’est le seul qui compte pour un cabinet qui démarre.
La carte de crédit, ou pourquoi personne ne part avec une cote
À dix-huit ans, à peu près tous les Canadiens ont accès à une carte de crédit. Ensuite, l’usage qu’ils en font construit ou détruit leur cote. Tout est rattaché à un seul identifiant, et cet identifiant les suit.
Votre nom de domaine joue exactement ce rôle. Il porte votre historique : depuis quand il existe, ce que vous y avez publié, qui pointe vers lui, combien de fois vous avez changé d’idée. Vous n’achetez pas cette cote, vous la construisez.
C’est pourquoi un cabinet qui change de domaine tous les trois ans recommence à zéro à chaque fois, sans s’en rendre compte.
Ce qui construit la cote
L’âge et la stabilité du domaine. Un domaine détenu depuis huit ans, qui n’a jamais changé de sujet, part avec une avance qu’aucun budget publicitaire ne remplace.
La cohérence du contenu. Un site de criminaliste qui parle de droit criminel, toujours, envoie un signal simple. Un site qui parle un peu de tout envoie un signal confus, et Google ne prend pas de risque avec ce qui est confus.
Les liens qui ont du sens. C’est là que la plupart des erreurs se commettent, et c’est le sujet de la section suivante.
Le respect des recommandations de Google. Elles sont publiques et elles n’ont jamais été secrètes. Les suivre naturellement, sans chercher le raccourci, est ce qui finit par payer.
L’erreur classique : le lien hors sujet
Prenons un exemple volontairement absurde pour que le principe soit clair.
Vous tenez un blogue en français sur la critique de films. Vous lisez quelque part que les liens entrants aident à dépasser vos concurrents. Vous allez donc déposer un lien sur un blogue de recettes chinois, rédigé en mandarin.
Ce lien ne vaut rien, et il peut nuire. Le guide de démarrage de Google sur l’optimisation pour les moteurs de recherche est explicite sur ce point : votre audience est francophone et cherche des critiques de films, pas des recettes. Le lien ne dit rien de vrai sur vous, et Google le lit comme une tentative de manipulation plutôt que comme une recommandation.
Transposez au droit criminel. Un lien depuis le site du Barreau, depuis un annuaire juridique québécois ou depuis un journal local qui vous cite vaut davantage que cent liens achetés sur des répertoires génériques.
Deux secondes pour convaincre
Un dernier point qui n’a fait que s’accentuer depuis 2016 : la personne qui arrive sur une page qui ne répond pas à sa question la ferme en moins de deux secondes. Google le voit, et il en tient compte.
C’est particulièrement vrai en droit criminel, où le visiteur cherche à minuit, sur un téléphone, avec un proche en détention. S’il ne trouve pas immédiatement ce qu’il cherche, il repart, et son départ vous coûte deux fois : une fois le client, une fois la crédibilité.
Ce qu’il faut retenir
La crédibilité aux yeux de Google demande du temps et du sérieux. Il n’y a pas de raccourci qui survit à une mise à jour d’algorithme. Choisissez un domaine, gardez-le, parlez d’un seul métier, et laissez le temps faire son travail.

Consultant en marketing juridique, dédié aux avocats criminalistes du Québec. Un seul cabinet accompagné par ville.