Cet article a été publié en juillet 2018 et relu en septembre 2026. Les règles citées se trouvent dans le Code de déontologie des avocats, publié par le Barreau du Québec. Les exemples viennent de sites réels, et la plupart des problèmes décrits sont encore en ligne aujourd’hui.
Les manquements les plus fréquents
Pour rester visibles, certains cabinets ont glissé vers des formulations que le Code ne tolère pas. Voici celles qui reviennent le plus souvent.
Se dire spécialiste ou expert. Le mot paraît anodin dans un titre de page, et c’est pourtant le premier qui saute à la relecture. À sa place, on décrit vos champs de pratique et vos années au palais.
Répondre publiquement à une question de client. Une personne pose une question sur une page ou un réseau social, et l’avocat répond ouvertement. La réponse reste en ligne, lisible par tous, et c’est vous qu’elle engage.
Publier une information trompeuse. L’exemple le plus courant reste le pluriel : écrire « avocats » quand le cabinet n’en compte qu’un.
Laisser croire à une autorisation qu’on n’a pas. Offrir des services décrits comme juridiques sans détenir le droit de les rendre.
Employer un superlatif. « Meilleur », « le plus », « nous détenons la meilleure réputation ». Tout ce qui se compare vous expose.
Citer des victoires sans nuance. Afficher un acquittement passé sans mise en garde, alors que le lecteur y verra une issue promise.
Le détail des articles applicables, avec leur numéro, se trouve dans le guide Publicité d’avocat au Québec : ce que le Code permet vraiment.
Ce que je refuse d’écrire
Quatre refus, que j’applique à chaque annonce.
- Aucune promesse de résultat. Ni taux de succès, ni « acquittement garanti », ni chiffre qui laisse deviner une issue.
- Aucun témoignage dans vos annonces. Les demandes d’avis Google portent sur le service, jamais sur le dossier.
- Aucune comparaison déloyale. Votre marketing décrit votre pratique, sans jamais la placer au-dessus de celle d’un confrère nommé ou reconnaissable.
- Aucune mention de spécialité non autorisée. Décrivez vos champs de pratique, vos années d’expérience et les palais que vous desservez.
Ce que vos pages mettent en avant
Vos années de pratique, vos palais, le nombre exact de dossiers plaidés, votre disponibilité le soir et la fin de semaine, votre formation et vos honoraires forment la matière de chaque page. S’y ajoutent des explications de procédure pour le proche qui ne sait pas ce qui l’attend.
Un exemple de reformulation, pour rendre la chose concrète.
- « Le meilleur criminaliste de Laval » devient « Criminaliste au palais de Laval, disponible 24 h ».
- « 95 % de succès » devient « Plus de 400 dossiers plaidés ».
Le gain est aussi commercial, car un fait vérifiable rassure le proche davantage qu’un superlatif.
Trancher le doute avant de publier
Trois habitudes évitent presque tous les problèmes.
D’abord, traitez comme une annonce toute page qui sert à attirer un client, billet de blogue compris. Je n’y fais aucune exception.
Ensuite, faites relire vos textes d’annonce par quelqu’un qui connaît le Code autant que Google. Un consultant qui vous livre une annonce sans vous demander de la valider n’a pas fait son travail.
Enfin, quand une formulation vous fait hésiter, retirez-la. Le gain en visibilité d’une phrase agressive ne compensera jamais une plainte.
Ce qu’il faut retenir
Ce qui paraît sous votre nom vous engage, et mon rôle est de n’y rien mettre que vous ne puissiez signer. Un texte conforme se travaille en amont ; un texte non conforme se paie longtemps.

Consultant en marketing juridique, réservé aux avocats criminalistes du Québec. Un seul cabinet accompagné par ville.